La boxe comme instrument d’insertion sociale… Le sujet n’est pas neuf et les ingrédients sont toujours sensiblement les mêmes… misère sociale, manque ou absence totale d’encadrement familial, discipline et repères inexistants, délinquance, suite de séjours plus ou moins prolongés en prison. Bref, le classique de la spirale infernale et sa logique froide, implacable.
Mais comme tous les récits de boxe – qu’ils soient réels ou fictionnels et qu’il finissent bien ou pas – l’histoire de Dierry est touchante parce que singulière… comme toutes les histoires.
À 18 ans, Dierry Jean a tout pour venir gonfler les statistiques sur la délinquance des jeunes d’origine haïtienne dans le quartier St-Michel. À la limite de la caricature, son histoire d’adolescent débarqué d’Haiti est tout à fait conforme au cocktail qu’on nous présente trop souvent comme la norme : la vie au sein des gangs de rue et son quotidien de menus larcins et cambriolages, d’alcool, de drogues et de bagarres. Son modèle éventuel le plus proche, son frère aîné Reginald engrosse une jeune fille l’année même de leur arrivée et enchaîne les séjours en prison pour différents crimes et délits en rapport avec les drogues et les armes à feu.
Un beau matin, il y a huit ans, une prise de conscience soudaine ou un moment de lucidité particulièrement prégnant change la donne… apparemment pour de bon. C’est sur un ring de boxe que Dierry Jean prend conscience que lui seul peut changer le cours apparemment tout tracé de sa vie… L’urgence de casser l’engrenage, l’envie de se dépasser, la nécessité absolue de ne pas suivre les traces de son frère et de tant d’autres. La suite ne nous dit pas qui du rêve ou de la réalité l’emporte mais, entre ambition et naïveté, c’est rien de moins que le titre de champion du monde que vise Dierry Jean…
Comme au cinéma…