Essais > Donner le temps au changement

Écrit par: Hinda

07 septembre 2010|Mots-clés:

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Le 23 avril 2010, assise en entrevue à la table de Christiane Charette à Radio Canada, un des invités me demande : « ne croyez-vous pas que lorsque les immigrants arrivent au Québec, ils doivent adhérer à un certains nombres de valeurs communes? ».

La question qui tue, les fameuses valeurs communes. Mais quelles sont-elles ces valeurs communes?

Le Québec s’est durement battu pour le droit des femmes, d’accord. C’est grâce au travail remarquable de nombreuses féministes que les québécoises jouissent aujourd’hui d’une liberté et d’une égalité enviée de par le monde. Le rejet de la religion et l’implantation de la laïcité sont également venus définir l’identité d’une grande partie de la population du Québec. Finalement, notre belle province francophone se bat pour affirmer son identité distincte, et revendique la reconnaissance de sa langue et de sa culture au sein du pays. C’est pourquoi des sujets chauds comme les accommodements raisonnables viennent effrayer de nombreux québécois. La peur de perdre ce qu’ils ont chèrement défendus d’abord et la peur de l’assimilation ensuite. C’est pourquoi l’immigration peut aussi facilement être perçue comme une menace de plus dans l’authenticité et la préservation de la culture québécoise.

Alors quelles sont ces valeurs communes dont tout le monde parle? En regardant de près les nouveaux arrivants, on peut voir des familles qui débarquent en ayant tout laissé derrière eux, travail, familles, amis, communautés, etc. Ils arrivent la plupart du temps avec des diplômes pleins les poches et une expérience de travail monstre. Que recherchent-ils? Un travail à la mesure de leurs compétences ainsi qu’un avenir meilleur pour leurs enfants dans une société en paix.

Une ouverture d’esprit est nécessaire afin de laisser le temps à ces nouveaux arrivants de se poser en terre inconnue, de connaître les lieux, mais surtout de s’y reconnaître et de s’y identifier pour ensuite construire avec la population déjà établie. L’intégration se fait à partir du travail et très vite, la seconde génération prend le relais, elle grandit au sein de la communauté grâce à l’école, aux différentes activités et aux amis. Ce processus d’intégration a besoin d’un temps minimum nécessaire, et lorsqu’il est bien fait, il permet un échange réel. Le Québec et le Canada ne peuvent que s’enrichir d’une diversité ouverte et paisible.

Donnons le temps au changement et qui sait, peut-être que ceux qui sont réticents à la diversité verront que les choses changeront pour le mieux.

(Pour plus de discussions sur le sujet de l’interculturalisme, joignez-vous au groupe Facebook “Ici on est au Québec, restes-y pour bâtir une société ouverte et colorée”.)

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