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Écrit par: Halima

19 octobre 2010|

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Le 4 octobre 2006, Xi a quitté la Chine pour les couleurs flamboyantes de l’été indien en compagnie de 22 autres chinois partis en voyage d’échange à l’Université du Québec en Abitibi-Temiscamingue. Elle a laissé derrière elle une maman et un papa qui, malgré la difficulté de la séparation, l’ont encouragé à immigrer au Canada. Après ses études, Xi pensait retourner vivre en Chine et travailler à Beijing. Sa maman lui conseille de penser à rester plus longtemps au Canada. « Tu pourrais développer ton art et voyager ailleurs dans le monde ».

Quand elle est arrivée au Canada, Xi parlait seulement quelques mots de français et elle se préparait à fêter ses 20 ans. « Je voulais avoir un anniversaire très spécial, mes 20 ans au Canada, mais le jour de ma fête a fini par être plutôt normal ». Après les couleurs de l’automne, Xi découvre le blanc de l’hiver et les vastes étendus de l’Abitibi. « C’est un peu trop vide pour moi ici » précise Xi. « Je passais de longs moments à écouter de la musique classique. J’écoutais Bach en attendant le bus à moins 30 degrés. Tout était au ralenti comme dans un film. Je pensais souvent à ma famille, mes amis et aussi à la beauté de la culture chinoise traditionnelle. Ça me manquait beaucoup ».

p10178631Départ précipité pour Montréal

Xi déménage à Montréal le même jour que son entrevue pour du travail. Elle se trouve une chambre avec cinq autres colocataires chez une gentille dame et son fils qui ont fini par vendre la maison pour aller habiter à Joliette. Xi atterrit chez un vieux couple d’immigrés portugais qui lui proposaient parfois de manger à table avec eux. Elle leur fait des dumplings. Elle leur pose des questions sur le Québec. Ils s’entendent bien. La femme occupe une grande partie de sa journée à nourrir une dizaine de chats pendant que l’homme se lève à l’aube pour aller nourrir les pigeons du Parc Lafontaine. Vous pouvez le voir en compagnie de ses oiseaux dans le magnifique poème visuel Matins routiniers, (An Early Morning Routine) avec une narration en mandarin qu’elle a réalisé pour Who we are. Xi est une passionnée d’images et de sons. Elle fait de la photo, de la vidéo, de l’animation et de la danse. C’est une artiste pluridisciplinaire qui cherche à perfectionner son art au Canada.

Grande comment?

Tous les petits pas que Xi met les uns devant les autres la mènent forcément quelque part. Elle obtient le contrat pour lequel elle est venue à Montréal, chez EyeSteelFilm, une maison de production de films documentaires où elle travaille à la postproduction de longs métrages tournés en Chine (Last Train Home, 2009). C’est là dans ce contexte que j’ai fait sa connaissance et un jour, au bureau, Xi a préparé des dumplings pour tout le monde dans de la petite cuisine qui s’est remplie de vapeur. C’est sa façon de bien s’occuper des gens autour d’elle.

L’été dernier, après un voyage en Europe de villes en villes, de canapés en canapés, de musées en musées, de rencontres en rencontres, Xi est revenue avec sur le visage cet air qu’ont les gens qui reviennent d’un voyage initiatique qui a contribué à changer leur vision du monde. Elle est revenue enrichie et elle m’a dit : « Quand je suis devenue résidente permanente au Canada, j’ai tout à coup pensé à ma nouvelle liberté. Et je me suis demandé s’il y avait une limite à cette liberté? Elle est grande comment?  « Je vis encore dans un carré créé par mon autre vie chinoise. Quelle est la différence de liberté entre ces deux mondes? Jusqu’où est-ce que je peux aller?»

Pour Xi, le défi est de fusionner son passé à son présent et de continuer à créer.

Ma demande de citoyenneté – mise à jour Je suis toujours en train de remplir le formulaire de demande et de réunir tous les documents qu’il faut joindre à la demande. Je posterai un scan de la check-list une fois que ce sera terminé. Je dois être honnête, ce n’est pas le dossier prioritaire sur ma liste de chose à faire mais je continue.

Écrit par: Halima

07 septembre 2010|

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C’est le mois de mars. Il est 8 heures 35. Il n’y a pas beaucoup de monde dans la salle d’attente de Citoyenneté et Immigration Canada sur la rue Saint-Jacques. Je suis ici pour venir chercher mon renouvellement de carte de résidence permanente. Il y a toujours la même odeur de grippe dans ces lieux d’attente. J’ai à peine le temps de faire le tour des visages illuminés au néon en me disant que je rayonne de la même lumière qu’on m’appelle déjà au comptoir.

- Bonjour.

- Bonjour Mademoiselle. Une pièce d’identité avec photo et le IMM 1000 s’il vous plaît.

- Voilà.

- Ça fait 12 ans que vous êtes au Canada?

- Oui. Ça fait 12 ans.

-Vous n’avez pas encore demandé votre citoyenneté?

- J’ai pas encore eu l’occasion non.

- Vous ne voulez pas devenir Canadienne?

- Si. Je veux devenir Canadienne.

- Vous devriez vous dépêcher de faire votre citoyenneté. Vous savez les démarches vont être beaucoup plus longues. Et c’est pour bientôt. Ça va être plus difficile.

- Pourquoi?

- C’est le gouvernement et la quantité de demandes qui augmente. Ça va être de plus en plus difficile oui.

- Oui. Je vais faire la demande tout de suite alors.

- Voilà. Vous pouvez télécharger le formulaire sur internet aujourd’hui.

- Oui, merci. Au revoir.

C’est le mois d’août et je n’ai toujours pas téléchargé le formulaire de Demande de citoyenneté. Qu’il y ait un peu de fainéantise face à la besogne administrative, c’est compréhensible, mais je crois surtout que dans mon cas, mon inertie vient d’un manque de motivation. Je déteste cette idée. 2296894839_fa90959cfb_m

Je n’ai pas espéré un troisième passeport. Je ne suis pas venue au Canada pour immigrer mais pour étudier. Je vis à Montréal. Je me souviens de mon statut de résidente permanente seulement quand je renouvelle mes documents. J’en connais d’autres qui sont résidents permanents à vie. Nous ne faisons donc pas partie des 85 % des nouveaux arrivants admissibles qui deviennent citoyens du Canada.

N’ai-je pas envie de voter dans le pays où je vis aujourd’hui?

N’ai-je pas envie de créer un Canada plus fort? comme il est écrit sur le site web de Citoyenneté et Immigration Canada.

Oui, j’ai envie de voter à la prochaine élection.

J’ai décidé de présenter ma demande de citoyenneté en 2010 en direct sur Who we are. Je ne m’attends pas à des aventures palpitantes mais on ne sait jamais. Ils pourraient me refuser.

D’abord, je dois savoir si je suis éligible. Il y a une calculatrice de la période de résidence pour me dire si j’ai habité au Canada assez longtemps. Tout ce qu’il faut avoir sous la main ce sont des dates, arrivées, sorties, etc. Ensuite, je télécharge le formulaire et j’écoute le tutorial vidéo. Pas d’excuse.

En 2011, je ferai partie des 170 000 personnes qui deviennent Canadiens chaque année. Pendant le processus qui devraient durer quelques mois, je raconterai des histoires de citoyenneté comme celle d’une amie chinoise qui a immigré en Abitibi.

P.S. : Comme je lis tout sur tout en matière d’immigration en ce moment, n’hésitez pas à me contacter si vous avez des questions.