Le 4 octobre 2006, Xi a quitté la Chine pour les couleurs flamboyantes de l’été indien en compagnie de 22 autres chinois partis en voyage d’échange à l’Université du Québec en Abitibi-Temiscamingue. Elle a laissé derrière elle une maman et un papa qui, malgré la difficulté de la séparation, l’ont encouragé à immigrer au Canada. Après ses études, Xi pensait retourner vivre en Chine et travailler à Beijing. Sa maman lui conseille de penser à rester plus longtemps au Canada. « Tu pourrais développer ton art et voyager ailleurs dans le monde ».
Quand elle est arrivée au Canada, Xi parlait seulement quelques mots de français et elle se préparait à fêter ses 20 ans. « Je voulais avoir un anniversaire très spécial, mes 20 ans au Canada, mais le jour de ma fête a fini par être plutôt normal ». Après les couleurs de l’automne, Xi découvre le blanc de l’hiver et les vastes étendus de l’Abitibi. « C’est un peu trop vide pour moi ici » précise Xi. « Je passais de longs moments à écouter de la musique classique. J’écoutais Bach en attendant le bus à moins 30 degrés. Tout était au ralenti comme dans un film. Je pensais souvent à ma famille, mes amis et aussi à la beauté de la culture chinoise traditionnelle. Ça me manquait beaucoup ».
Départ précipité pour Montréal
Xi déménage à Montréal le même jour que son entrevue pour du travail. Elle se trouve une chambre avec cinq autres colocataires chez une gentille dame et son fils qui ont fini par vendre la maison pour aller habiter à Joliette. Xi atterrit chez un vieux couple d’immigrés portugais qui lui proposaient parfois de manger à table avec eux. Elle leur fait des dumplings. Elle leur pose des questions sur le Québec. Ils s’entendent bien. La femme occupe une grande partie de sa journée à nourrir une dizaine de chats pendant que l’homme se lève à l’aube pour aller nourrir les pigeons du Parc Lafontaine. Vous pouvez le voir en compagnie de ses oiseaux dans le magnifique poème visuel Matins routiniers, (An Early Morning Routine) avec une narration en mandarin qu’elle a réalisé pour Who we are. Xi est une passionnée d’images et de sons. Elle fait de la photo, de la vidéo, de l’animation et de la danse. C’est une artiste pluridisciplinaire qui cherche à perfectionner son art au Canada.
Grande comment?
Tous les petits pas que Xi met les uns devant les autres la mènent forcément quelque part. Elle obtient le contrat pour lequel elle est venue à Montréal, chez EyeSteelFilm, une maison de production de films documentaires où elle travaille à la postproduction de longs métrages tournés en Chine (Last Train Home, 2009). C’est là dans ce contexte que j’ai fait sa connaissance et un jour, au bureau, Xi a préparé des dumplings pour tout le monde dans de la petite cuisine qui s’est remplie de vapeur. C’est sa façon de bien s’occuper des gens autour d’elle.
L’été dernier, après un voyage en Europe de villes en villes, de canapés en canapés, de musées en musées, de rencontres en rencontres, Xi est revenue avec sur le visage cet air qu’ont les gens qui reviennent d’un voyage initiatique qui a contribué à changer leur vision du monde. Elle est revenue enrichie et elle m’a dit : « Quand je suis devenue résidente permanente au Canada, j’ai tout à coup pensé à ma nouvelle liberté. Et je me suis demandé s’il y avait une limite à cette liberté? Elle est grande comment? « Je vis encore dans un carré créé par mon autre vie chinoise. Quelle est la différence de liberté entre ces deux mondes? Jusqu’où est-ce que je peux aller?»
Pour Xi, le défi est de fusionner son passé à son présent et de continuer à créer.
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Ma demande de citoyenneté – mise à jour Je suis toujours en train de remplir le formulaire de demande et de réunir tous les documents qu’il faut joindre à la demande. Je posterai un scan de la check-list une fois que ce sera terminé. Je dois être honnête, ce n’est pas le dossier prioritaire sur ma liste de chose à faire mais je continue. |





